| L'aquarium-musée
remplacé par un hôtel
de luxe, la ville d'hiver investie
par les professions libérales,
les familles du vin ou les hommes
politiques... Arcachon change
d'allure.
Superficie : 750 ha. Habitants
à l'année : 16 000.
Habitants l'été
: 100 000. Résidences secondaires
: 9 000. Résidences principales
: 8 000.
Arcachon, sa vue imprenable sur
le bassin, ses villas Belle Epoque,
sa station marine. Incrustés
depuis toujours sur les cartes
postales. Sauf que le 28 avril,
lors d'une conférence de
presse, Yves Foulon, maire UMP
de la ville, a fixé le
cap. Exit la station marine à
vocation scientifique, l'aquarium-musée,
abrités depuis un siècle
dans un bâtiment en front
de mer, en plein centre-ville.
Il va être vendu. Place
à un hôtel quatre
étoiles. L'aquariummusée
sera délocalisé,
dans le quartier chic de Pereire.
| Un
déménagement
qui fait des
vagues. «
On va démolir
un bâtiment
qui a accueilli
la première
exposition internationale
sur l'huître,
en 1866, en
présence
de Napoléon
III. Tout ça
parce que le
maire veut "piquer"
le site, face
à la
plage, pour
en faire un
hôtel
de luxe. Nous
allons resister!
» prévient,
vent debout,
Robert Fleury,
84 ans, président
de la société
scientifique,
laquelle est
propriétaire,
avec l'université
de Bordeaux-I,
du bâtiment.
Du côté
de Pereire,
on est sens
dessus dessous
à l'idée
de voir débarquer
des touristes
dans ce coin
paradisiaque.
«Je me
battrai pour
que Pereire
reste tel qu'il
est »,
annonce Laurent
Poitevin. Ce
viticulteur
a acquis en
2001 un terrain
de 900 mètres
carrés
et a fait construire
une belle villa.
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Ici,
des hommes d'affaires
parisiens, lillois,
lyonnais, bordelais,
ont acheté
des maisons
dont le prix
oscille entre
500 000 et 1
million d'euros.
Même un
industriel danois
est en train
de s'y installer.
A quelques encablures,
dans la ville
d'hiver implantée
sur les hauteurs
arcachonnaises,
on protège
tout autant
sa tranquillité.
Il y a deux
ans, la municipalité,
propriétaire
d'un terrain
de 3 000 mètres
carrés,
a voulu le vendre.
Impossible.
Le projet privé
(salle des ventes,
office notarial)
n'était
pas du goût
des riverains.
« On s'est
battus. Il faut
rester très
vigilants pour
que soit gardé
le caractère
architectural
et paysager
de ce quartier
», précise
Yves Rateaux,
président
du kiosque de
la ville d'hiver,
qui réunit
180 adhérents.
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C'est dans les
années
1850 que la
ville d'hiver
se dessine.
A l'époque,
la faculté
préconise
l'air marin
pour les «
malades de la
poitrine ».
Un patrimoine
unique se construit,
avec des villas
somptueuses.
Hommes politiques
et aristocrates
s'y pressent.
En 1879, Alphonse
XII séjournera
à la
villa «
Monaco et Athena
». En
1891, le prince
de Galles fête
ses 50 ans à
la villa «
Rosa «.
Dans les années
1940, Gala et
DalI reçoivent
à la
villa «
Salesse »
Coco Chanel.
Que reste-t-il?
« Trocadéro
» est
aux mains d'une
famille de médecins,
Phébus
», vendue
en copropriété,
« Régina
», transformée
en résidence
de vacances,
« Tolédo
» est
aux Bourdier,
propriétaires
de locaux commerciaux
en centre-ville,
« Valkyrie
» fait
le bonheur d'un
riche Madrilène,
« Giroflé
», siège
de la Kommandantur
pendant la guerre,
est tenue par
neuf copropriétaires,
« Alexandre-Dumas
appartient à
un médecin
accoucheur d'Arcachon.
La villa »
Bayard »,
elle, est à
vendre 1,5 million
d'euros. |
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Bref,
la ville d'hiver
est devenue
le repère
des professions
libérales,
des familles
du vin, d'Ernest-Antoine
Seillières
ou du socialiste
Jean-François
Acot-Mirande,
le maire de
La Teste-de-Buch.
« Nos
villas sont
devenues des
objets de désir.
Mais nous sommes
une réserve
d'Indiens. La
mairie n'a d'yeux
que pour le
centre-ville
», commente
cette vieille
Arcachonnaise,
mémoire
vivante du quartier.
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Le centre-ville
? Yves Foulon
veut donner
un gros coup
de jeune. Mais
pas seulement.
L'extension
du port d'Arcachon
qu'il préside
est à
son programme.
Il y a urgence.
Trente ans d'attente
pour obtenir
une place. Le
hic Arcachon
n'est que le
gestionnaire
du port. Le
propriétaire
est le conseil
général
tenu par le
socialiste Philippe
Madrelle. Plus
gênant,
les deux tiers
du port de plaisance
sont situés
sur la commune
voisine de La
Teste-de-Buch.
Là encore,
c'est un socialiste
qui est à
la tête
de la commune
et c'est lui
qui signe les
permis de construire...
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Les
bisbilles entre
les deux communes
remontent au
temps où,
d'un trait de
plume, Napoléon
III donne son
autonomie à
Arcachon qui
jusqu'alors
était
un quartier
de La Teste.
Depuis, les
Testerins enragent.
La dune du Pilat,
les cabanes
tchanquées,
l'île
aux Oiseauxautant
de joyaux implantés
sur La Teste.
Qui le sait
? Arcachon,
sans complexe,
en tire notoriété.
Yves Foulon,
lui, s'en moque.
Ce proche de
Nicolas Sarkozy
est un homme
pressé
qui veut rajeunir
sa ville, envahie
de cheveux blancs.
« Dès
septembre, annonce-t-il,
nous allons
faire une promotion
active pour
attirer définitivement
ici des habitants
de l'agglomération
bordelaise,
propriétaires
à Arcachon,
mais qui n'y
viennent qu'en
week-end. »
Arcachon rafraîchie
? Un signe même,
le Cornet d'amour,
un glacier mythique,
implanté
depuis soixante-dix
ans sur le bassin,
attaqué
au tribunal
de commerce
de Boulogne
par un confrère
qui revendique
la marque qu'il
a déposée
en 1954, va
changer de nom.
Pour devenir
« ô
cornet toujours
». |
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