| Cabanes,
chemin
du littoral, bouées
d'amarrage de bateaux ou encore
parcs
à huîtres appartiennent
au domaine public maritime. Mais
les limites de propriétés
restent encore floues, ce qui
génère quelques
problèmes (Cabanes de pêcheurs:
277. Ostréiculture 376
producteurs).
| Il
s'appelle Pierre
Vedrine.
C'est le chef
de la subdivision
du service maritime
d'Arcachon.
Représentant
de l'Etat, propriétaire,
il est un peu
le chef du bassin.
Il ne voit pas
les choses comme
ça. Il
préfère
dire «
Ici, on gère
le passé,
donc on gère
le passif »
C'est vrai qu'il
y a du passif
au regard de
la loi dans
et autour de
ce bassin où
les administrations
ont dû
remettre de
l'ordre dans
le système
des productions
et des propriétés.
Ici, les lieux
ont été
conquis ou défendus
contre les flots
sans trop se
préoccuper
des titres de
propriété,
que ce soit
dans le domaine
des cabanes,
du chemin du
littoral, de
l'amarrage des
bateaux ou des
parcs à
huîtres.
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Tout
le bassin d'Arcachon,
jusqu'à
la limite des
bateaux
terres recouvertes
par les malines,
les plus hautes
marées,
constitue le
Domaine public
maritime (DPM)
est donc propriété
de l'Etat. Celui-ci
peut accorder
des concessions
d'exploitation,
pour les parcs
à huîtres
notamment, ou
des Autorisations
d'occupation
temporaire (AOT).
Il y a bien
eu un début
de balisage
de ce DPM entre
1850 et 1870,
mais ses limites
restent parfois
floues et objets
de contestation.
C'est ainsi
que, contrairement
aux idées
reçues
de certains
promeneurs estivants,
il n'y a pas
de continuité
du chemin du
littoral autour
du bassin, particulièrement
à Lège-Cap-Ferret
et au Pyla:
« II n'y
a pas de servitude
de passage dans
les endroits
urbanisés.
Et sur les 80
kilomètres
de pourtour
du bassin, la
moitié
est urbanisée.
De plus, on
ne peut pas
faire passer
un sentier
du littoral
là où
c'est dangereux,
ni lorsque la
maison est déjà
construite à
moins de 15
mètres
de la limite
du DPM »,
explique Pierre
Vedrine. C'est
ainsi que des
échanges
orageux éclatent
parfois entre
propriétaires
et promeneurs
persuadés,
à tort,
de leur bon
droit. |
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Autre dossier
épineux
géré
par le service
maritime, celui
des corps-morts,
ces bouées
ancrées
le long de la
côte où
viennent s'amarrer
les bateaux.
Sur le bassin,
il y a environ
4 500 autorisations
de s'amarrer
à l'un
de ces corps-morts
: coût
de l'installation
pour un particulier,
de 300 à
400 euros, auxquels
s'ajoutent de
100 à
150 euros de
redevance d'occupation.
Problème
: les comptages
de 1995 font
apparaître
qu'il y avait
alors près
de 8 000 bateaux
amarrés.
Conclusion logique
: au moins 3
000 d'entre
eux occupent
indûment
l'espace public.
Les rangées
de bateaux s'étagent
de plus en plus
le long de la
côte.
Avec ce paradoxe
: la durée
annuelle moyenne
d'usage de ces
bateaux
est de... huit
jours. Des solutions
sont étudiées
pour remédier
à cette
situation lourde
de gêne
pour les riverains
et les utilisateurs
du bassin. Ainsi,
l'an prochain,
l'attribution
des corps-morts
devrait revenir
aux communes.
Et l'on étudie
la possibilité
de construire
des ports à
sec ou l'on
pourrait entreposer
les bateaux
dans de grands
hangars. Mais,
là encore,
des polémiques
se profilent
car le projet
le plus avancé
est soutenu
par Benoît
Bartherotte,
le remuant défenseur
de la pointe
du Cap. Ses
détracteurs
lui reprochent
d'avoir choisi
un site dans
un espace boisé
classé,
qui nécessiterait
de gros travaux,
notamment le
percement d'un
chenal qui devrait
passer sous
une route. |
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Même
s'ils n'en sont
pas propriétaires,
les rois du
bassin restent
les bateliers
de l'UBA (Union
des Bateliers
arcachonnais)
qui, successeurs
du resté
célèbre
« Courrier
du Cap »,
transportent
chaque année
quelque 150
000 passagers
entre une dizaine
de points de
la côte.
L'UBA, c'est
une structure
coopérative
qui regroupe
27 bateliers
et 35 bateaux,
créée
il y a cinquante-cinq
ans et actuellement
présidée
par Michel Nolibet.
Ils perpétuent
ce qui constitue
l'une des composantes
de l'âme
du bassin les
traversées
nocturnes pour
aller d'Arcachon
dîner
chez «
Hortense »
ou chez «
les filles de
l'Herbe ».
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Quant au cabanes
de pêcheurs,
tempêtes
administratives
et conflits
se sont succédé.
Répartis
le long de la
côte du
Cap-Ferret,
une dizaine
de villages
de pêcheurs
et d'ostréiculteurs
attirent obligatoirement
l'estivant,
par leur charme
et l'ambiance
paisible qui
y règne.
La plupart sont
classés.
Tous sont construits
sur le DPM et
appartiennent
donc à
l'Etat. Théoriquement,
les 277
cabanes
édifiées
dans ces villages
doivent être
attribuées
aux seuls «
professionnels
de la mer ».
Autrement dit,
les pêcheurs
et les ostréiculteurs.
Dans les faits,
il n'en est
rien. Au fil
du temps, les
professionnels
de la mer à
qui on avait
donné
des AOT sur
le domaine public
ont soit abandonné
leur métier,
soit trouvé
plus avantageux
de sous-louer,
leurs cabanes.
Plus voire de
vendre, précisément,
vendre les aménagements
du bâti
puisque l'Etat
reste propriétaire
de la cabane.
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On
peut aujourd'hui
estimer à
20% les cabanes
réellement
occupées
par des pêcheurs
ou des ostréiculteurs.
L'Etat a validé
ces occupations
de cabanes par
des estivants
en leur délivrant
des «
titres roses
». Petite
différence
avec les occupants
professionnels
: ils paient
une redevance
d'occupation
trois fois plus
élevée.
Ce qui ne fait
pas encore très
cher puisque
les professionnels
déboursent
pour une cabane
de 70 mètres
carrés
environ 450
euros par...
an. Source de
conflits alors
que les jeunes
ostréiculteurs
ne peuvent,
du fait de la
flambée
des prix, se
loger sur le
Cap-Ferret et
ne trouvent
pas de cabanes
disponibles
dans les villages,
la situation
a obligé
les pouvoirs
publics et les
élus
à une
reprise en main.
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C'est désormais
la commune de
Lège-Cap-Ferret,
et non plus
les services
maritimes de
l'Etat, qui
délivre
les fameuses
AOT : «J'ai
trouvé
dans des cabanes
des ostréiculteurs
locaux qui ne
parlaient que
l'allemand...
», se
lamente le maire
de Lège
qui espère
que le contrôle,
plus proche,
de la commune
permettra d'éviter
que ne se renouvellent
les abus qui
ont marqué
l'histoire de
ces cabanes.
Mais y aurat-il
encore beaucoup
d'ostréiculteurs
et de pêcheurs
pour les habiter
? |
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Reste
le cas de ces
deux cabanes
de l'Herbe,
qui ont défrayé
la chronique
au début
de l'année.
Deux cabanons
tout ce qu'il
est ordinaire
et qui ont été
vendus aux enchères
1,2 million
d'euros après
une difficile
succession familiale.
Et le patron
d'une chaîne
de télévision
a fait monter
les enchères.
Les maisons
alentour ont
du coup pris
une valeur virtuelle,
incroyable.
Quant à
la famille,
qui a finalement
conservé
le lieu, elle
préfère
aller louer
ailleurs l'été
prochain, pour
ne plus avoir
à supporter
l'incessant
ballet de touristes
venus voir les
fameuses cabanes.
Des touristes
qui n'ont pas
tous compris
qu'en fait ces
cabanes-là
n'avaient rien
à voir
avec celles
du village classé,
de l'autre côté
du chemin. Elles
ne sont pas
sur le domaine
public maritime
et sont donc
gérées
par les règles
de droit privé.
Et, bien sûr,
par celles du
marché. |
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