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Ici, pas de grandes infrastructures.
Hôtels, restaurants, commerces sont avant
tout des
histoires familiales qui se transmettent de génération
en génération...
Lège-Cap-Ferret
• Superficie: 10 330 ha, dont
les deux tiers non constructibles
(forêts de l'ONF, espaces naturels).
• Nombre d'habitants à l'année
:6 391
(900 dans le village du Cap-Ferret).
• Nombre d'habitants l'été
environ
40 000 (de 80 000 à 100 000 avec les esti-
vants à la journée).
• Résidences principales :6679*.
• Résidences secondaires: 2 794*
Lits d'hôtel: 260*.
*Chiffres du recensement de 1999.
C 'est l'adjoint aux finances de LègeCap-Ferret,
Laurent Maupilé, qui l'affirme : «
Par son urbanisme et ses équipements, le
Cap-Ferret n'est pas une station touristique.
Son habitat de villas le fait ressembler à
une zone résidentielle, et il manque d'infrastructures
touristiques pour générer une réelle
activité à l'année. »
Le constat est juste. Il illustre le déchirement
des Ferret-Capiens, partagés entre la protection
de l'originalité du site et les concessions
à faire au tourisme pour relayer la pêche
et l'ostréiculture en perte de vitesse.
Les actifs vivant à l'année sont
essentiellement les artisans qui construisent
ou entretiennent les propriétés
de ceux qui n'y passent que quelques semaines.
Quant aux grandes infrastructures hôtelières,
comme on peut en trouver sur la Côte d'Azur,
il n'y en a pas. Un chiffre: la presqu'île
n'offre que 260 places d'hôtellerie. Auxquelles
il convient d'ajouter 10 000 lits « de plein
air», des campings. Point de grandes tables
étoilées non plus. Pas de chaînes.
Hôtels, restaurants et commerces connus
sont des affaires de famille. Et les plus renommés
conservent le cachet « canaille et bonne
franquette qui plaît aux hôtes célèbres
de la région.
Janine et sa cousine Michou sont les célèbres
« filles de l'Herbe », celles qui
dirigent l'hôtel de la Plage, avec son restaurant
Chez Magne. L'établissement existe depuis
1914.
Au début, c'était une cantine
dans la forêt, où
les résiniers pouvaient dormir dans un
dortoir. Lorsqu'il a été déplacé
vers la plage pour servir aux pêcheurs,
il se transformait à l'occasion en dancing
et en épicerie. Les cousines ont repris
l'affaire familiale en 1979. Depuis, elles voient
défiler à leurs tables les célébrités
du show-biz, des affaires et de la politique.
Certaines dorment dans l'une des dix chambres
toutes simples - salle de bains à l'étage
- qui valent de 42 à 45 euros. Ce que les
Lino Ventura, Paola et Albert de Belgique, Delon
- « il nous a amené Nathalie »
- et autres Pasqua et Jean-Louis Debré
sont venus chercher ici? « La simplicité
», disent-elles, comme le baron Seillières
qui adore se servir tout seul. Célèbre
ou pas, les hôtes de passage font comme
tout le monde, ils attendent que « les ouvriers
» soient d'abord servis « Ils nous
font vivre toute l'année et ils embauchent
à 13h30, alors les autres se mettent au
diapason. » Même le baron.
Même histoire familiale chez Hortense,à la pointe du Cap, où l'on se doit
d'être vus, sans - évidemment - être
remarqués. Hortense a disparu en 1971,
mais sa fille « Zaza »
d'abord, puis sa petite-fille Bernadette ont continué
de gérer ce » must qui fut, à
sa création, auberge d'ostréiculteurs,
de pêcheurs et de chasseurs de tourterelles.
L'auberge originelle, Lavergne, est partie à
l'eau en 1936, mais la recette des moules au jambon
s'est transmise de mère en fille.
Original aussi, l'hôtel des Pins. Cons¬truit
en 1920 par un charpentier de marine, le lieu
a autrefois servi de théâtre. Il
en reste des traces dans les dénivelés
qui, jadis, me¬naient à la scène
et conduisent aujourd'hui aux chambres. Des chambres,
il y en a 15 (de 50 à 72 euros en haute
saison). Idéal pour accueillir une équipe
de foot et son encadre¬ment en stage. Ça
tombe bien: depuis 1997, le propriétaire
n'est autre que Gernot Rohr, ex star des Girondins
de Bordeaux, ex en¬traîneur de l'OGC
Nice, qui le gère avec sa compagne, Bénédicte,
et Gérard, « un fou de foot qui fait
partie de la famille ». La « cabane
du bassin », près du village des
pêcheurs,
a une histoire semblable. Rachetée en 1997
par William et Nicole Joinau, qui possèdent
également le bar Le Cen¬tral ex Chacouette
de Paul Uni , elle a été créée
il y a plus d'un siècle. L'établissement
fut bar et salle de cinéma. Ses propriétaires
qui, entre Paris et New Delhi, travaillent dans
la fabrication textile de mar¬ques pour enfants,
en ont fait un hôtel de charme (sept chambres
de 100 à 200 euros pour deux per¬sonnes),
fréquenté lui aussi par les célébrités.
Le chanteur Renaud y est venu oublier son vague
à l'âme, Pascal Bataille y a fêté
son mariage.
Familles encore pour les deux cé¬lèbres
poissonneries du Cap: Boulan et Lucine. Alain
Boulan, ostréicul¬teur par tradition
sa grand mère a été l'une
des pionnières des parcs au Cap , vend
ses produits à la poisson¬nerie tenue
par sa femme, Françoise. Quant à
Patrice Lucine, il vend les poissons pêchés
par ses quatre frères. Les cinq sont fils
de « Mandrin «, té¬méraire
pêcheur du Cap, et forment « la tribu
des brisants » à laquelle Thalassa
« a consacré un impression nant reportage.
Famille toujours pour Frédélian,
le pâtis sier aux célèbres
glaces et cannelés, chantés par
Obispo. Son nom l'indique: il vient de la contraction
de Frédéric et Eliane, les époux
Michaud, créateurs du lieu. Jacky, leur
fils, et Liliane, sa femme, ont pris le relais,
jusqu'à ce que tout récemment Jean
Michel Richard, pâtissier depuis trente
ans à Andernos, et Nicolas Longein, qui
avait entre autres tra vaillé chez Villedieu,
à Marseille, reprennent la prestigieuse
enseigne et le salon de thé at tenant où
il est de bon ton de discrètement se montrer.
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